La science est prédictive
La science suivant son acceptation moderne , qui exclut de fait toute notion de dogme, se base sur la reproductibilité de ses affirmations. Tout le monde a pu durant ses études faire des expériences en physique ou en chimie pour constater des faits, en tirer des règles en conclusion et les appliquer de façon prédictive à des faits à venir non encore réalisés.
En chimie le test de Ph est l'application de réactifs colorés qui permettent de déterminer à l'avance si une solution est acide ou basique.
En physique en lâchant des masses sur un plan incliné il est tout à fait possible de prédire l'accélération et la position dans le temps en appliquant les théorèmes de l'énergie cinétiques issus de l'expérience, idem pour les calculs balistiques utilisés pour les fusées.
En médecine, le sujet devient un peu plus compliqué compte tenu du nombre plus important de paramètres qui varie d'un individu à l'autre, et l'outil statistique va venir aider à analyser la reproductibilité des phénomènes. Les études en double aveugle versus placebo sont capables de mesurer l'efficacité d'un traitement et tout le succès des anticancéreux ou du traitement du SiDA repose sur cette approche. Cela démontre aussi l'absence totale de base scientifique à l'homéopathie, dont l'efficacité n'a jamais été prouvée.
La seule différence entre un médecin et un charlatan est justement cette capacité à produire et reproduire des résultats, un guérisseur serait tout à fait fondé à revendiquer une capacité médicale dès lors qu'il produirait une étude statistique prouvant sa capacité. Des universités ont d'ailleurs tenté de le faire mais cela s'est toujours retourné contre les soit disant porteurs de dons surnaturels.
L'histoire étudie le passé.
L'histoire compile des faits passés. Une analyse permet d'identifier les différents événements , les acteurs, les situations, les mouvements de masse et la logique de déterminer les enchaînements ayant abouti a une situation nouvelle. Comme l'a très bien résumé CV Wegdwood, l'histoire s'écrit à rebours et l'historien connaît déjà la fin contrairement aux acteurs de l'histoire qui l'ignorent au moment où ils agissent.
C'est là la différence principale avec l'actualité qui reporte des événements en cours sans pouvoir de façon certaine en déterminer l'issue, ne serait-ce que par manque d'exhaustivité des informations disponibles. Ensuite et c'est là où l'histoire démontre qu'elle n'est pas une science, des situations passées et présentes similaires en apparence, se caractérisent plus par les différences. Corollaire de cet écart, l'historien ne dispose ensuite d'aucune règle ayant démontré sa pertinence à être réappliquée de façon systématique pour prévoir la suite des événements. Ce vide ne va produire que des conjectures.
Le futur est forcément politique
Cet espace ouvert sur le futur est donc le domaine du politique qui peut proposer des solutions, et qui est l'objet d'une activité intense de la part d'acteurs qui n’ont que peu de rapport avec l'étude de l'histoire.
Un historien ne peut pas s'impliquer au titre de ses connaissances dans la vie politique ou n'importe quel événement de l'actualité parce que pas plus qu'un autre observateur il ne peut maîtriser l'ensemble des différents éléments comme il pourrait le faire pour une étude historique, qui demanderait également une durée d'étude incompatible avec l'immédiateté de l'actualité, et enfin parce qu'il n'existe aucun schémas préétablis d’enchaînement historique des faits et pas plus de preuve scientifique d'une reproductibilité quelconque.
Le futur reste donc le fait des individus, de l'opinion qu'ils ont, et des moyens de l'imposer, que ce soit par l'adhésion ou par la force
Un historien qui prendrait une position par rapport à des faits d'actualités ne peut le faire que concernant son opinion strictement personnelle. Pas plus que quiconque il ne dispose d'aucune autorité scientifique pour pouvoir le faire, et agit donc dans le champ politique, d'un point de vue strictement partisan uniquement.
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